Les jeux d’argent en ligne, un marché en plein essor

Les casinos en ligne fleurissent sur Internet et rencontrent un vif succès auprès des joueurs pourtant habitués aux casinos classiques. Néanmoins, avant de s’adonner à cette activité, il convient de bien réfléchir, car les arnaques ne sont pas rares, et la législation ne permet pas aux Français de jouer de l’argent ailleurs que sur une poignée de sites agréés.

Une industrie du jeu florissante

Les Français ont toujours eu un faible pour les jeux d’argent. Et cela se traduit dans la progression du chiffre d’affaires du secteur qui a atteint en 2016 des niveaux impressionnants. Ce ne sont pas moins de 45,6 milliards d’euros qui ont été générés en 2016, soit une progression de 3,2 % par rapport à 2015 et de 173 % par rapport à 1995 (16,6 milliards d’euros).

Il s’agit d’un marché toujours dominé par la Française des Jeux (FDJ) qui malgré l’ouverture du marché en 2010 sous la contrainte de Bruxelles, a su conserver 30 % de part de marché. Le PMU, autre acteur historique, n’a pas réussi à résister aussi bien que la FDJ, puisque son chiffre d’affaires est passé de 32 % en 1995 à 18,2 %. Les paris hippiques sont un segment où la concurrence fait rage, car la rentabilité y est la plus élevée. En effet, dans ce domaine, 34 % des montants misés restent dans la poche des opérateurs, contre 3 % pour la FDJ.

L’autre évolution notable est celle du déclin, lent, mais qui semble inexorable des casinos traditionnels. Sur la même période de 1995 à 2016, ils sont passés de 38 % de part de marché à 33 %. Une érosion qui reste encore contenue, mais la concurrence avec les casinos en ligne fait rage et il est assez probable qu’il s’agit là du futur de la profession, quand la législation changera comme on le verra un peu plus loin.

La percée des jeux d’argent en ligne

Sans surprise, la révolution Internet n’épargne pas le secteur des jeux d’argent. Certaines entreprises traditionnelles ont su prendre le virage technologique comme la FDJ. D’autres plus difficilement comme le PMU.

Le plus notable dans cette histoire est l’arrivée d’un nombre très important de nouveaux acteurs, les pures players, n’opérant que sur Internet. Certains sont basés en France, mais puisque les frontières n’ont plus vraiment cours sur la Toile, beaucoup sont des opérateurs étrangers flirtant le plus souvent avec la légalité, voire, la violant allégement.

Pour les joueurs, ces plateformes disponibles en ligne, confortablement assis chez eux derrière leur ordinateur ou accessible de n’importe où depuis leur smartphone, il s’agit d’une avancée indéniable, même si beaucoup ignorent qu’ils enfreignent la loi en se rendant sur des sites pour la plupart non agréés par l’Arjel, l’Autorité de régulation des jeux en ligne. Les personnes souhaitant néanmoins braver les interdictions et jouer de l’argent sur Internet peuvent cependant se rendre sur des sites spécialisés comparant les jeux, la fiabilité et l’honnêteté de ces opérateurs non agréés.

Actuellement, les trois principaux moteurs des jeux d’argent en ligne sont le poker, les paris sportifs et les paris hippiques. Cependant, même si le secteur a pu paraître lors de l’ouverture en 2010 comme un nouvel eldorado, créant ainsi un vaste appel d’air, il a connu ces derniers temps une phase de consolidation afin d’assurer sa survie. En effet, les marges pour les opérateurs agréés sont faibles, car lourdement taxées.

Dans un contexte législatif français très strict, les jeux d’argent en ligne sont encore un secteur en quête de maturité. Mais cela ne doit pas occulter le fait que le segment des paris sportifs enregistre des performances tout à fait remarquables. Par exemple, lors des JO de Rio en 2016, c’est 34 millions qui ont été misés, soit une progression de 77 % par rapport aux JO de Londres en 2012. L’EURO de football en 2016 a également connu un succès record avec pas moins de 141 millions d’euros de paris, soit plus que le Mondial au Brésil deux ans auparavant, et qui comprenait pourtant 13 matchs en plus.

Contexte législatif français

Malgré un assouplissement de la législation en 2010 et une ouverture à la concurrence, parier et miser de l’argent en ligne reste une activité on ne peut plus réglementée.

Contrairement à ce qui peut être lu sur la Toile, les textes sont très clairs. En dehors des sites agréés par l’Arjel, autant du côté des opérateurs que des joueurs, il s’agit d’une activité illégale. Maintenant, il faut savoir qu’aucune sanction contre un joueur n’a eu lieu jusqu’à présent. Les actions juridiques qui ont pu avoir lieu jusqu’à présent se sont toujours dirigées contre des sites Internet non agréés.

Maintenant, de par cette prohibition, ou en tout cas cette politique d’agrément très sélective, les autorités ont conscience qu’une grande partie du marché des jeux en ligne échappe à la fiscalité française. Le Ministère de l’Économie réfléchirait d’ailleurs à ouvrir davantage le marché que ce que n’avait pu le faire la loi de 2010.

L’idée est de ramener une bonne part des 800 000 joueurs qui actuellement s’adonnent à des jeux d’argent sur des sites étrangers et non agréés, et ainsi récupérer, espère-t-on, 600 millions d’euros de chiffre d’affaires, voire davantage.

Reste qu’il faudra également trouver des mesures pour prévenir et limiter le phénomène d’addiction qui pourrait exploser avec cette libéralisation du marché.

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